Description
Le marxisme est-il fondamentalement eurocentriste ou, pour le dire plus grossièrement, n’est-il au fond qu’une affaire de Blanc·hes ? Cette question structure aujourd’hui les débats de la gauche radicale et divise sphères militantes et académiques en deux grands camps. Pour certains, la théorie marxiste est irrémédiablement confinée dans les frontières du continent qui l’a vu naître, et par extension dans les limites du monde blanc ; pour d’autres, ces accusations contre Marx et le marxisme ne relèveraient que d’un dangereux relativisme culturel risquant d’hypothéquer toute perspective d’émancipation au profit de vaines revendications identitaires.
Le philosophe Matthieu Renault refuse de se situer dans les coordonnées de cette alternative. Prenant acte du fait que le marxisme est traversé de tensions et de contradictions, il accorde une place centrale aux marxismes non-européens et au marxisme noir au premier chef. L’auteur examine les transformations que ces perspectives ont induit en termes de pensée des temporalités historiques, de géographie des luttes d’émancipation mais aussi d’esthétiques radicales. Il montre finalement que le mot d’ordre de « décolonisation du marxisme » remonte, au moins, à la Révolution soviétique.
Matthieu Renault est philosophe, auteur de nombreux livres sur le marxisme et sur les penseurs anticoloniaux et postcoloniaux.




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